mardi 21 octobre 2014

MAJORQUE & IBIZA (du 5 au 20 octobre 2014)


PORTO COLOM, MALLORCA  (du 5 au 8 octobre)

Après notre éprouvante navigation, nous apprécions la tranquillité de la baie. La saison se termine mais il y a encore pas mal de bateaux et les touristes sont nombreux à se promener sur les quais. 



Lors de notre premier passage ici, nous avions adoré l'endroit. Aujourd'hui, bizarrement et même si c'est toujours plaisant, nous sommes vaguement déçus. Peut-être sommes-nous encore trop sous le charme de Minorque pour apprécier à sa juste valeur l'endroit. Le lendemain, nous tentons de faire fonctionner la radio qui ne veut rien savoir. On change le fusible en croisant les doigts mais, évidemment, ce n'est pas ça. Cela nous ennuie car nous avons encore pas mal de route à faire avant d'atteindre l'Andalousie et la radio est un des éléments de sécurité indispensables à bord. Demain, nous repartons sur Andraxt, et nous aviserons là-bas. 


ANDRAXT, MALLORCA (du 8 au 18 octobre)

Le phare de la punta de Ses Crestes
Nous partons avec le lever du soleil pour effectuer les 54 milles nautiques qui nous séparent d'Andraxt. Les journées raccourcissent et nous préférons partir tôt pour arriver avant la tombée de la nuit. La journée est belle, le soleil brille et la mer est calme. Tant mieux car je n'ai aucune envie de revivre le même scénario que lors de notre précédente navigation !

Punta Salinas
Parfois, on croise des OFNI (Objet Flottant Non Identifié)

À Andraxt, nous optons pour prendre une bouée au club de vela. La baie est très agréable et le petit port bien animé. Ici, c'est un petit Saint-tropez allemand. D'ailleurs, en nous promenant le premier soir, nous hallucinons un peu, tout est écrit en allemand et certains restaurants n'affichent même pas le menu en espagnol ! En fait, au fur et à mesure des jours passés ici, nous allons nous apercevoir que quasiment toutes les boutiques et les restaurants appartiennent à des allemands. Ces derniers sont si nombreux à Mallorca qu'ils considèrent, en fait, l'île comme une de leurs régions.  



Les canards ont leur propre annexe !
L'ambiance mallorquine n'est pas notre tasse de thé. Le club de vela est très snobinard, la douche coûte 8 euros par personne et par jour, l'accès à la piscine nous est interdit (il faut avoir son bateau, un gros moteur de préférence, à la marina). Les "pauvres" qui ne peuvent se payer "que" la bouée (à 15 euros par jour quand même en basse saison) sont tout juste tolérés dans le club.

Rester ici ne nous enchante guère mais nous devons résoudre notre problème de radio car aucun miracle ne s'étant produit (on pouvait toujours espérer), nous nous rendons à l'évidence : notre VHF nous a, définitivement, lâchés. Nous décidons de nous rendre à Palma de Mallorca où se trouvent plusieurs magasins d'accastillage. Une fois sur place, nous devons commander la radio, et hop, trois jours d'attente plus une journée pour aller la récupérer, plus une journée pour que Martin l'installe (du premier coup, tout fonctionne, bravo capi'). 


Entre temps, la météo s'est dégradée et c'est trois jours de plus à attendre. Enfin, au bout de dix jours, nous pouvons repartir et nous sommes bien contents de lever l'ancre pour Santa Eulalia, sur l'île d'Ibiza.
Qu'avons-nous pensé de Majorque ? Il paraît que l'intérieur de l'île est magnifique et il est vrai que nous n'avons pas pris le temps de découvrir cet aspect de l'île. Nous n'avons fait que longer la côte, en bus, lorsque nous nous rendions à Palma et ce n'est que succession de stations balnéaires bétonnées et sans âme.
Après Minorque, Majorque nous semble avoir vendu son âme au tourisme de masse sans avoir su préserver son identité culturelle. 




SANTA EULALIA, IBIZA (du 18 octobre au 20 octobre)

Que c'est bon de profiter, un peu, du confort d'une marina ! Cela faisait plus de deux mois que nous n'avions pas mis les pieds dans un port de plaisance. L'environnement est touristique avec le quai où s'alignent bars et restaurants en tout genre mais l'ambiance est agréable, assez reposante (pas de discothèque à l'horizon, ouf !).

Corvée de gasoil avant le départ !
Les prévisions météorologiques nous permettent de partir rapidement pour effectuer notre navigation jusqu'à Cartagena, probablement notre dernière traversée de nuit. Demain, nous quittons les Baléares pour rejoindre le continent espagnol. La boucle est, presque, bouclée et nous commençons à réaliser que notre voyage va bientôt toucher à sa fin. 


mardi 7 octobre 2014

MINORQUE à MALLORQUE (5 octobre 2014)


Pas d'avis de grand frais... bien que ?

Le bruit du guindeau au lever du jour, annonce notre départ du mouillage de San Saura à Minorque. Je remonte à la main les derniers mètres de chaîne, tiédie par la température de l'eau. Nous serions bien restés ici un peu plus, mais il nous faut poursuivre notre route. 



Les différentes météos que nous avons consultées nous prévoient du vent de force 2 à 3, et, avec un peu de chance, peut-être arriverons-nous à profiter d'un léger force 4 qui devrait nous précéder. Nous avons près de 45 milles nautiques à parcourir et nous espérons arriver avant la tombée du jour pour prendre la bouée à Porto Colom. 


Le vent n'est pas de la partie et nous avançons grâce à notre fidèle Yanmar. 
Il fait toujours aussi beau et nous profitons de pouvoir naviguer en short et t-shirt au mois d'octobre, même si au loin, nous observons des nuages de toutes sortes.




Il est près de 11 heures, le vent n'atteint pas les 4 nœuds, mais un orage semble surgir au Nord Est de Mallorque, escorté de quatre tornades. La perturbation est loin de notre position, et normalement, nous devrions pouvoir nous en éloigner sans problème. 
Bien que superbe, le spectacle est inquiétant, et par superstition, nous n'osons pas le prendre en photo. Notre pilote "Charlie" à la barre, nous ne quittons pas des yeux l'orage qui semble sévir au loin à grands coups de tonnerre suivant des éclairs gigantesques. 
Le vent augmente, et par précaution, je rentre le génois et enroule la grand-voile, ne lui laissant qu'un peu plus d'un mètre de toile. Vingt nœuds de vent, Yvanan avance à plus de 7 nœuds. Tout à coup, je vois à l'aspect de la surface de l'eau, un vent fort arriver du Nord Ouest par notre tribord arrière. Le temps que je descende chercher les vestes de quart et les gilets automatiques, le gros de l'orage est sur nous. Nous sommes harnachés, Muriel assise sous la capote et moi derrière la barre observant la mer s'animer, et cherchant à comment manœuvrer au mieux. Le grain est impressionnant et la violence du vent et des gouttes de pluie est telle que j'arrive à peine à entrouvrir les yeux. Sous le bruit assourdissant des éléments, j'entends à peine l'alarme du pilote qui vient de lâcher. Les vagues nous poussent par l'arrière et sur le côté et le vent couche Yvanan à deux ou trois reprises. Les éclairs fusent autour de nous en même temps que les coups de tonnerre assourdissants. Muriel, agrippée aux bouts du piano tribord, est terrorisée. Essayant d'empêcher qu'Yvanan ne se recouche, je change le cap et parviens à maintenir le bateau, avec l'aide du moteur, pile vent arrière et l'allure est beaucoup plus sûre et confortable. À travers la pluie, j'aperçois furtivement les instruments, le vent réel est établi à 45 nœuds ! Les éclairs continuent de venir toucher la surface de l'eau autour de nous, et l'un d'eux à une centaine de mètres dans notre sillage. Yvanan file à toute vitesse, se comportant merveilleusement bien et nous rassurant. 
Aussi soudainement qu'il est arrivé, l'orage qui aura mis trois quarts d'heure pour nous dépasser, s'éloigne pour se dissoudre à l'horizon. La mer et le vent se calment et nous réalisons ce que nous venons de subir. Je suis presque content d'avoir vécu ça... Muriel n'en est pas à ce stade, mais elle s'en est bien sortie. 
Nous sommes trempés jusqu'au fond de nos culottes et j'ai l'impression d'avoir un litre d'eau dans chaque chaussure. 
Le vent est tombé à moins de 4 nœuds et c'est au moteur que nous terminons notre traversée. 
En arrivant dans la baie de Porto Colom, nous essayons de joindre les autorités du port à la VHF, mais celle-ci semble ne plus du tout marcher. Nous pensons qu'elle a grillé avec un des éclairs. Nous tentons d'appeler avec un portable, sans succès. Nous essayons de prendre une des bouées de mouillage par nous mêmes, mais un marinero ne tarde pas à arriver pour nous aider. Les nœuds frappés aux taquets, nous pouvons enfin souffler après cette journée, riche en émotions.


lundi 6 octobre 2014

MINORQUE (du 22 août au 5 octobre 2014)


Mahon, ponton de la Isla Del Rey (du 22 août au 5 septembre)

À notre arrivée au ponton flottant de la Isla del Rey, notre nouvel environnement nous plaît immédiatement.


Le lieu est tranquille, bien protégé et à quelques minutes en annexe du centre-ville que nous ne tardons pas à rejoindre pour faire une petite balade. À terre, nous retrouvons l'équipage d'Arnau arrivé quelques heures avant nous. En déambulant dans les rues, nous retrouvons, avec amusement, les endroits qui nous sont restés familiers. Bien sûr, l'arrivée aux Baléares est fêtée dignement autour d'un verre de Pomada, specialité locale à base de gin et de citron, pas mauvaise du tout.  


Le lendemain, nous faisons nos aux-revoirs à Carina, Laureano et Laïa, tristounes de voir partir nos compagnons de voyage avec qui nous naviguions depuis deux mois. 


Quant à nous, nous décidons de rester quelques jours. L'arrière-saison s'installe, le temps est splendide et les touristes sont bien moins nombreux. Les jours s'écoulent paisiblement entre baignades, balades en ville et découvertes des bonnes petites adresses culinaires du coin. 

La jolie ville de Mahon...





La Isla del Rey




La découverte de la gastronomie locale...

Dégustation à la fabrique de gin Xoriguer


Notre café et notre restaurant préférés à Mahon 
Nos amis arrivent de France à la fin du mois pour passer quelques jours à bord et nous envisageons de faire quelques mouillages autour de l'ile en les attendant. Mais, la semaine qui suit notre arrivée va être une série d'ennuis qui fera, qu'au final, nous ne bougerons pas de Mahon jusqu'à leur arrivée.
La série noire commence par les toilettes bouchées. Ok, rien de grave mais, quand même, bien embêtant, ceci dit un grand classique pour les navigateurs en général. Démontage, nettoyage, remontage des wc et de la pompe (je vous passe les détails) et grand soulagement quand tout fonctionne, à nouveau normalement.


Puis Martin tombe malade et reste alité plusieurs jours. Comme si cela ne suffisait pas, ratatouille s'invite à bord le soir et c'est parti pour la chasse au rat à 2h00 du mat'. Heureusement, ce dernier ne réussira pas à s'introduire dans le bateau contrairement au bateau voisin où il causera de sacrés dégâts. Dès que Martin se sent mieux, nous décidons de partir sur un autre ponton plus proche de la ville et plus confortable. 


Mahon, encore et toujours mais au ponton "VIP" (du 5 septembre au 24 septembre)

Une "longue" navigation de 0,5 mille nous permet de rejoindre le ponton "VIP" (entendre par là que nous avons l'eau et l'électricité). 


Le temps est toujours très beau mais au fil des jours, l'atmosphère devient lourde et la météo prévoit une série d'orages d'ici peu. En attendant, nous profitons des beaux jours et des nombreux événements organisés par la ville : la XI Copa del Rey de Clásicos y Barcos de Época qui rassemblent de splendides voiliers des XIX et XX ème siècles...




Eux sont hors concours...


Nous découvrons, lors de démonstrations équestres, le cheval minorquin, si beau, si fier... 



Début septembre, ce sont les fêtes de la Vierge de Gràcia, patronne de la ville. Mahon est le théâtre de nombreuses animations pendant trois jours avec pour acteur principal, encore et toujours, le cheval minorquin. Le spectacle dans la rue est incroyable, toutes les rues sont envahies par les chevaux. Il y en a absolument partout, à croire que chaque habitant de Minorque possède son propre cheval. Tous sont parés de leurs plus beaux atouts et la parade est majestueuse.






Mais il y a de nombreuses autres animations : le défilé des géants de Mahon, la pyramide humaine, les activités nautiques et, le soir, musique et feu d’artifice.





La semaine suivante, c'est le week-end de célébration organisé par la population britannique de l'île  avec une époustouflante démonstration de la Royal Air Force juste au-dessus de nos têtes...





Puis, nous avons droit à d’autres sortes d’ « animations », météorologiques, ce coup-ci, telle que cette petite tornade qui nous causera un peu de stress mais qui, finalement ne viendra pas dans notre direction. 


Entre deux événements, nous nous préparons à recevoir nos amis à bord. C'est l'occasion de faire un peu de rangement. Mais qu'est-ce qu'on a pu accumuler depuis le départ ! Finalement, on en met beaucoup dans un bateau ! Au début, on a un peu l'impression qu'on ne va pas y arriver mais, finalement, tout rentre dans l'ordre...



Les copains à bord et la découverte de l'île (du 25 au 4 octobre)

Ça y est, c'est le jour de l'arrivée des copains ! C’est sous le soleil que les joyeuses retrouvailles se font. Nous sommes très contents de les avoir à bord quelques jours et de leur faire découvrir cette ile que nous adorons. Comme nous avons loué une voiture, nous en profitons pour sillonner l'île dans tous les sens.
Après une visite à Ciutadella, toujours aussi élégante…




… c'est l'heure de la baignade dans l'une des merveilleuses criques de l'île. Bon, la foule et les nombreux bateaux au mouillage (dont chacun semble ignorer les règles de sécurité à respecter en zone de baignade) nous gâchent un peu le plaisir mais il n'empêche que l'eau est cristalline et chaude et c'est un bonheur que de nager pour observer les poissons.



Du coup, le lendemain, nous décidons de nous lever tôt (deux pour qui cela ne demande pas vraiment d'efforts et deux autres pour qui cela relève du défi mais je ne citerai pas de nom !) pour aller découvrir la cala Mitjana avant que la foule n'envahisse les lieux. Le chemin qui mène à la cala est déjà enchanteur mais la découverte de la cala elle-même nous émerveille. C'est "MAGNIFIQUE!!!", un véritable petit coin de paradis. 





Au-delà des criques aux eaux turquoise, Minorque nous offre des paysages très diversifiés  tel que le parc naturel d'Es Grau, une zone humide d'une grande richesse biologique, habitée par différentes espèces d'oiseaux aquatiques...



 Ou encore le cap de Favàritx, au profil côtier dur et sauvage...


L'île nous séduit également car elle a su conserver une forte identité culturelle que l'on retrouve à travers sa gastronomie, son artisanat et, bien sûr, ses nombreuses fêtes locales. Un soir, de passage dans la ville de Alaior, nous assistons à l'une des plus étonnantes de ces fêtes populaires qui rassemblent toutes les générations dans l'allégresse générale : le Jaleo dont le cheval minorquin est roi. Le cavalier et son cheval s'avancent au milieu de la foule et les plus jeunes s'attroupent autour de lui réclamant au cavalier que sa monture se cabre, le tout sur fond de musique jouée par la fanfare. C'est incroyable de voir la dextérité de ces cavaliers et le calme des chevaux face au tumulte et au vacarme. C'est un spectacle unique au monde. 



Puis, c'est l'heure du retour pour nos amis avec qui nous avons passé cinq merveilleuses journées et fait le plein de bons souvenirs…


Les garçons nettoient les moules


Dernière soirée avec les cops
Pour nous, c'est, aussi, l'heure du départ. Nous devons regagner l'Andalousie où nous avons décidé de laisser le bateau l'hiver prochain.

Avant de quitter définitivement Minorque, nous partons faire un dernier mouillage au sud de l'île.


Mouillage à Son Saura (du 4 au 5 octobre)

Après une petite navigation de 25 milles bien agréable le long des côtes minorquines, nous jetons l'ancre à Son Saura dans un paysage de rêve avec sa plage au sable fin, sa pinède et ses eaux cristallines. Les quelques bateaux mouillés là partent en fin de journée et nous ne sommes plus que deux dans ce havre de paix.



Sitôt arrivés, nous plongeons dans une eau délicieusement chaude et transparente. Martin en profite pour nettoyer la coque et l'hélice qui se sont beaucoup encrassés à Mahon.  Le pauvre, il avait déjà dû se taper l’annexe !




C'est certainement notre dernier mouillage avant longtemps mais nous terminons en beauté. 
Demain, il nous faudra dire au revoir à cette île qui nous a si bien accueillis pour rejoindre notre prochaine étape : Majorque.